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Rencontre Régionale Afrique de Transparency International

Les parties prenantes réitèrent leur engagement dans la bataille contre la corruption

La tendance de la Corruption en République Démocratique du Congo est inquiétante. Il suffit de jeter un regard sur le baromètre mondial de corruption, cas de la RDC, lequel a été présenté par la Ligue Congolaise de lutte contre la Corruption (LICOCO) lors de la Rencontre régionale Afrique de Transparency International pour s’en rendre compte.

83% des citoyens estiment que le niveau de la corruption a sensiblement augmenté et sont convaincus que les autorités qui exercent les plus hautes fonctions de l’Etat sont également impliquées dans les affaires de corruption.

Du 20 au 22 juin 2018, l’hôtel Memling de Kinshasa a abrité la Rencontre Régionale Afrique de Transparency International (TI) qui réunit annuellement des sections nationales de TI pour discuter de  questions d’intérêt commun  à  l’égard de leur travail, y compris notamment les tendances de la corruption et de la lutte contre la corruption sur le continent.

Ces trois journées ont donné lieu à une forte interactivité doublée d’une volonté inouïe des acteurs anti-corruption de travailler en synergie avec toutes les parties prenantes, en vue de  renforcer les actions collectives sur les questions identifiées pour un impact plus grand.

A ce titre,  les domaines tels que  l’éducation, le foncier, la passation des marchés publics et les flux financiers illicites ont constitué l’essentiel des échanges entre participants et experts. La réflexion est d’ores et déjà  engagée par les mouvements Transparency International sur les risques de corruption dans chaque domaine précité.  Pour parvenir à une bonne coordination des actions, des groupes thématiques sont mis en œuvre pour enrichir les thématiques en l’adaptant au contexte de chaque pays, mais aussi à mobiliser des ressources pour les activités de lutte contre la corruption.

2018, Année africaine de lutte contre la corruption

Des actions collectives des grandes envergures seront menées au cours de cette année consacrée à la lutte contre la corruption par l’Union Africaine. L’engagement pris par les Chefs d’Etats Africains doit être respecté pour couper court aux citoyens qui considèrent la déclaration des Gouvernants Africains comme un simple procès d’intention pour la consommation mondiale.

En effet, la Rencontre Afrique de Transparency International a permis de mettre en place un comité restreint pour la production de la lettre ouverte à adresser à l’UA, notamment à la commission de lutte contre la corruption qui va sans nul doute constituer un élément déclencheur d’une série d’actions de plaidoyer pour inciter  les pays du continent à se doter d’un cadre légal approprié.

2018 est aussi une année électorale en République Démocratique du Congo. C’est ainsi que la LICOCO travaille dans la mobilisation sociale des citoyens à exiger des candidats aux élections d’inscrire la question de lutte contre la corruption comme priorité dans leurs programmes de campagne.

Le président du Conseil d’administration  de la Ligue, Gaudens Cimula, a épinglé la pertinence de l’engagement de tous les citoyens dans cette bataille qui porte atteinte au développement socio-économique de la RDC : « Une telle démarche s’inscrit dans la volonté des citoyens d’avoir des dirigeants respectueux de la moralité,  d’éthique et de l’indépendance de la justice, afin  de mettre fin à l’impunité et promouvoir la transparence ainsi que la bonne gouvernance en République Démocratique du Congo ».

Le paradoxe Congolais

Présent à la cérémonie d’ouverture, le Conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et la lutte contre le terrorisme, le professeur Luzolo Bambi, a jeté le pavé dans la marre en relancer le débat  sur  l’épineuse question de coulage des recettes de l’Etat. « Il est un secret de polichinelle que la corruption existe et gangrène encore gravement le fonctionnement de nos institutions. J’ai toujours engagé le débat sur le paradoxe congolais entre la taille de notre budget et le coulage des recettes, c’est-à-dire entre 5 Milliards de dollars de budget et 15 milliards de dollars de fraude, de corruption…»

De poursuivre que la corruption n’est pas le seul combat du Chef de l’Etat, moins encore de la LICOCO et ses partenaires de TI, mais nécessite une prise de conscience collective pour intégrer le débat de la lutte contre la corruption comme priorité politique dans notre société ; car, l’amélioration des conditions de vies de la population passe par ce combat.

On a noté également la présence du Chef de la délégation de l’union Européenne en RDC et de la Représentante de l’Ambassadeur du Canada, principaux partenaires financiers de TI. Ils ont tous réitéré leurs engagements de continuer à soutenir les activités de lutte contre la corruption, aussi bien en RDC que sur l’ensemble du continent et au niveau mondial.

Soulignons-le, la Rencontre Régionale Afrique de Transparency International a démontré clairement le caractère corrosif de la corruption dans notre société et surtout posé de nouvelles bases dans cette bataille à l’échelle nationale au regard de l’engagement des parties prenantes de la lutte contre la corruption en RDC.

Le prochain rendez-vous des ses assises est donc pris pour  l’année prochaine en Afrique de l’Est, précisément au Kenya où il sera également question d’évaluer les actions convenues à Kinshasa.

LICOCO

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